jeudi 2 juillet 2009

Lire Rousseau et suggestions de lecture non-rousseauiste

Je devrais écrire, mais je prépare une petite escapade de quelques semaines loin de mon ordinateur et de la civilisation! Je vais en campagne ou comme on dit : en région. Je préparais donc mes choses quand j'ai eu envie d'écrire un peu sur les livres que je voulais emporter. Je n'ai pas encore d'idée précise, mais je pensais à ce Rousseau qui énerve tout le monde. Je n'ai jamais lu que des extraits et un livre Les Rêveries du promeneur solitaire. J'ai donc envie de découvrir un peu plus ce personnage excentrique et qu'on critique autant dans l'effet Summerhill que dans d'autres lectures que j'ai faites. J'ai un préjugé particulièrement négatif que j'aimerais confirmer ou infirmer. Il va de soi qu'il va falloir que je tente d'être le plus neutre possible dans ma lecture... mais je ne suis pas certain que je veuille lire seulement ce vieux paranoïaque (je fais ici référence à la fameuse querelle entre lui et Hume) dans mon voyage. Il a pourtant touché bien des gens et son écriture est plaisante à lire. Pourtant, je n'arrive que difficilement à m'y faire. On dit parfois qu'il est l'initiateur d'une certaine forme de romantisme par sa critique de la société. On dit parfois qu'il a apporté beaucoup à l'éducation avec son livre Émile ou de l'Éducation. Pourtant, c'est aussi critiquer... mais je ne sais pas en quoi et comment. Je pense que je vais prendre ce livre pour pouvoir ajouter quelques mots aux discussions que je pourrais avoir avec ma chère Sophie sur le sujet de l'éducation...

Je suis sceptique, par ailleurs, qu'elle s'intéresse à certains passages qui aussi me dérangent. Prenons celui-là sur lequel je suis tombé quand une amie m'avait parlé de la mauvaise estime qu'avait Jean-Jacques des femmes.
« Ainsi toute l'éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire , leur être utile, se faire aimer et honorer d'eux, les élever jeunes, les soigner grands , les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce ; voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu'on doit leur apprendre dès leur enfance. Tant qu'on ne remontera pas à ce principe, on s'écartera du but, et tous les préceptes qu'on leur donnera ne serviront de rien pour leur bonheur ni pour le nôtre. » - Émile ou de l'Éducation (Voilà une version en-ligne téléchargeable en PDF sur Google Books)
Il y a sans doute mieux dans son oeuvre que ce genre de proposition bien de son temps. Je lui donne le bénéfice du doute. Un article de Wikipedia sur ce livre dit bien que « Il demeure, aujourd’hui encore, l’un des ouvrages les plus lus et les plus populaires sur le sujet, à tel point qu’au Japon, l’autorité du développement de l’enfant impose à tous les instituteurs d’écoles maternelles la lecture de l’Émile » (Wikipedia, consulté le 29 juin 2009). Je suis sceptique sur cette histoire japonaise, mais il est certain que ce livre a eu un écho important dans le domaine de l'éducation. Reste que je ne suis pas certain que je vais être capable de ne lire que ce livre durant mon voyage. Lire le défenseur de la promenade en campagne et du calme retiré sera de bon ton durant mon séjour en campagne, mais il me faudrait quelque chose d'autre.

Je veux rester dans une ambiance XVIIIe siècle. J'ai récemment été accepté à la maîtrise en philosophie et j'espère pouvoir faire des recherches sur cette époque qui me fascine. J'ai Voltaire en tête, Diderot, mais j'en oublie sans doute? Quoi lire? Des suggestions?

3 commentaires:

David Hébert a dit…

Quand j'ai lu "Du contrat social" de Rousseau, j'ai apprécié ma lecture. Par contre, je ne connaissais pas encore le "personnage" qu'on a fait de lui, puisque ce livre est davantage politique que "romantique". Bref, il a selon moi une pensée intéressante, très idéaliste, qui peut être appréciée malgré la paranoïa de Rousseau et sa haine du genre humain.
Sinon, comme lecture d'été, peut-être Hume ? Je te conseille son "Enquête sur l'entendement humain", qui reprend les propos de son "Traité de la nature humaine", mais avec une plume beaucoup plus belle et prosaïque (l'un des rares philosophes clairs ! Il faut dire que Kant en était jaloux).
Sinon, félicitation pour la maîtrise ! :)

aigueau a dit…

Un auteur qui donne une image très positive de Rousseau est Tzvetan Todorov ("Nous et les autres"). Il donne une image positive aussi de Montesquieu, mais plutôt négative de Diderot. Quoiqu'il en soit, j'ai trouvé que c'était une lecture intéressante et agréable.

Pour les auteurs XVIIIe siècle: Montesquieu, Condorcet...

Anne a dit…

Change d'époque, les vacances c'est fait pour la détente!

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