Je devrais écrire un mot, quelque chose sur cette petite chanson que j'ai trouvée sur le net (qui trouve, sur youtube une vision imagée, avec les paroles). J'ai tenter de résister à la tentation d'en faire un billet sur ce blogue, mais c'est plus fort. Le voilà!
N'est-ce pas excellent? Il y a peu de création culturelle du genre à ma connaissance. Peu de chansonniers parlent de ce genre de chose (pour une raison relativement évidente). Au-delà des difficultés que cela implique, je crois qu'il y aurait quelque chose à gagné pour une culture que de développer des oeuvres de philosophie plus variées en matière de médium. Kant, c'est bien beau à l'écrit, mais il y a sans doute plus que ça dans son oeuvre. Il y a de quoi chanter, de quoi faire des films, du théâtre peut-être.
Les existentialistes ont été les plus productifs, à notre époque, dans l'écriture théâtrale et romanesque de la philosophie. Pas étonnant qu'ils soient encore très à la mode. Il y a pourtant plus à faire. Cette philosophie n'est pas la seule qui puisse être faite en théâtre ou en romans. Les sujets philosophiques sont infinis et les oeuvres écrites ne manquent pas. La philosophie est un sujet vaste qui est encore mal connu et mal propagé. On pourrait facilement mettre en scène ou en musique les courts aphorismes de Nietzsche.
Je ne dis pas que ce n'est pas quelque chose qui n'est jamais fait. Le théâtre expérimental et une certaine sorte de musique underground s'intéressent à ce genre de sujet, mais (j'ose une hypothèse) cette tentative est entachée d'une volonté d'hermétisme. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de but pédagogique. Le public cible est un petit groupe précis comme le public habituel de ce genre de musique.
Il y a quelque part un plaisir malsain à se dire philosophe comme il y en a de faire de l'art pour un petit public. C'est une sorte de groupe, une secte à la limite, qui a ses codes, ces références, ces manières de faire. Une fois à l'intérieur, il peut facilement y avoir la tentation de se refermer et de dire: "Je fais de la philosophie. C'est compliqué. Tu ne comprendrais pas. Blablabla". C'est d'une certaine manière une volonté de se donner une identité, de se sentir différent. Pourtant, avec un peu d'explication et de curiosité, n'importe qui peut en faire. La philosophie ne devrait pas rester dans une niche culturelle, dans un petit coin. Elle devrait être à tous. Il pourrait y avoir à ce moment une philosophie plus académique et une philosophie plus populaire. À quoi bon nuire à la réputation de toute la discipline pour pouvoir protéger une quelconque aura d'excellence. Ce serait, selon moi, un excellent rempart à la superstition pour le moins.
Pour le moment, pour faire de la philosophie, il faut pouvoir lire et surtout avoir la volonté de lire des choses dans un jargon complexe et réservé à un petit groupe. Certes, il y a une volonté d'ouvrir la discipline et tous les philosophes ne sont pas comme je les décris, mais quelque part, la tentation est là, quelque part...
Une des solutions pourrait être l'ouverture de la discipline aux autres champs de l'expression. Il faudrait s'éloigner des traités pur et dur de philosophie. Lucrèce par exemple, philosophe épicurien du 1er siècle, avait déjà fait de la grande philosophie en poésie. Cette chanson chante Kant de manière amusante et claire. Elle n'explique que peu de chose, mais peut motiver à en savoir plus. C'est peut-être dans cette direction qu'il faudrait aller. Il faudrait développer la curiosité philosophique.
En guise de remerciement
Il y a 9 heures

